Ma démarche artistique:

 

Je peins depuis 10 ans. J’ai commencé par du figuratif. Je trouvais rassurant d’avoir des frontières, des limites autour du figuratif. Une peinture plus tournée vers l’extérieure.

Il y a deux ans, j’ai commencé à peindre dans un atelier avec un professeur qui m’a dit où plutôt où j’ai entendu: « pose un trait et regarde le évoluer. » J’ai senti tout à coup une grande liberté et paradoxalement une grande frayeur.

A travers la peinture abstraite, je rentre dans un processus de peindre qui est plutôt inconscient. Me détacher du monde extérieur pour entrer dans mon monde intérieur. Et par une transformation, se reconnecter à l’extérieur. Ce va et vient entre dehors et dedans, m’amène pour un court instant, à cet équilibre, cette fusion entre dedans et dehors qu’on pourrait appeler peut-être une forme esthétique.

Ma démarche artistique est de passer du changement (qui est plutôt de faire « un autrement ») à un processus de transformation. Ce processus de transformation n’ est autre qu’un paradoxe entre changement et stabilité. Cette démarche est en mouvement, se partage avec les autres qui à leur tour continue de le transformer.

Chuang Tze (taoiste) dit: 
« Ainsi il est dit que celui qui pratique la voie fait moins chaque jour, il fait moins et continue à faire de moins en moins, jusqu’à ce qu’il atteigne le point où il ne fait rien, et pourtant il n’y a rien qui ne soit fait »

Donc ça n’est pas de l’inaction mais de l’action en accord avec le flux de notre être profond, juste de qui on est.

Quand je peins, il y a l’urgence du geste pour essayer de tenter de trouver un court instant cet esthétique, avant que l’extérieur avec ces normes, prenne le dessus pour créer une pâle figure de ce qui est profondément ancré en moi entre le dehors et le dedans.

De plus en plus je peins sur papier, grand format (1m20/1m50) . Au niveau de mon ressenti, le papier est plus vivant. Parfois je peins aussi sur du bois.
J’utilise la peinture à l’huile, l’acrylique, le crayon, l’encre de chine, et la peinture industrielle.

Je peins très peu avec les pinceaux. J’utilise beaucoup le papier ménage, mes mains. Cela me donne plus l’impression de sculpter la peinture.